Anticipation sanitaire

Le froid et les rafales de cette mi-février nous incitent à rester cloîtrés. Nous en profitons pour terminer les derniers préparatifs de la saison 2016.

Même si on ne prévoit pas de développer son rucher, il faut cependant prévoir un stock de nouveaux cadres avec des cires neuves. En effet, pour des raisons sanitaires, il est conseillé de changer chaque année quelques cadres dans chaque ruche. En éliminant les cires les plus anciennes, on se sépare ainsi des résidus accumulés au fil des ans. De plus, cela procure un travail utile aux cirières, toujours nombreuses et actives au printemps.

Une astuce permet de gérer correctement le remplacement des cadres : marquer le dessus de chaque cadre neuf avec les deux derniers chiffres de l’année (16) ou encore y déposer une pastille de couleur correspondant à celle utilisé pour le marquage des reines. Pour 2016, c’est blanc… Ainsi, lors de l’ouverture d’une ruche, on repère tout de suite les cadres les plus anciens.

Cadre neuf

Un cadre neuf avec sa feuille de cire gaufrée

Crise du logement

Même si le manque de pluie de juillet a fortement ralenti les entrées de nectar, l’été 2015 aura permis à beaucoup d’apiculteurs de réaliser de belles récoltes de miel. Pour les colonies les plus actives, il a fallu doubler les hausses sur la ruche afin d’agrandir l’espace de stockage.

Lorsque cela n’a pas été fait à temps sur une ruche, les abeilles trouvent des subterfuges. Ainsi, nous avons trouvé cette année dans une hausse une belle brèche remplie de miel construite entre deux cadres !

Brèche construite entre deux cadres dans une hausse bien pleine

Brèche construite entre deux cadres dans une hausse bien pleine

Des fleurs, du couvain et bientôt les premiers essaims…

Mi-avril 2015 : on sent que tout va aller vite maintenant. Le colza commence à jaunir le paysage, les fleurs des cerisiers pointent le bout de leurs pétales et, à la faveur des belles journées assez chaudes, les abeilles sont en pleine activité. Une visite récente de toutes les colonies a permis de constater que certaines d’entre elles avaient déjà beaucoup de couvain.

Ruchette de piégeage dans un cerisier

Ruchette de piégeage dans un cerisier

En agrandissant le nid à couvain par l’ajout de cadres neufs, chaque apiculteur tente de limiter les essaimages qui devraient débuter sous peu. La pose des hausses ne devrait d’ailleurs pas tarder.

En complément des ces mesures préventives, la mise en place de ruchettes de piégeage permet, chaque année, de capter des essaims volages à la recherche d’u nouvel habitat. Une ruchette usagée est préférable pour augmenter ses chances. On y place un ou deux vieux cadres sains et on complète avec des cadres neufs. Pour se donner de l’espoir, on étale sur les jambages ou à l’entrée de la boîte un peu d’attire-abeilles, pâte colorée à forte odeur de mélisse. Si son efficacité fait débat, au moins permet-elle de se donner bonne conscience en se disant qu’on a mis toutes les chances de son côté…

Puis, si tout se passe comme d’habitude, on verra un matin quelques dizaines d’éclaireuses tourner autour de la ruchette et la visiter. Plus tard dans la journée, l’essaim entier arrivera dans un bruit un peu effrayant pour les néophytes. La petite troupe entrera en quelques dizaines de minutes. Enfin, après un nettoyage minutieux du nouveau local, chacune des abeilles vaquera à ses occupations : la vieille reine pondra, les nourrices nourriront, les cirières bâtiront les alvéoles sur les cadres neufs et les vieilles butineuses partiront récolter nectar et pollen…

Les abeilles petits génies du BTP…

Dans un article du Monde, Nicolas Lepeltier nous rappelle les processus mis en œuvre lors de la construction des alvéoles aux formes si régulières.

Rayons de cire construits par les abeilles dans la nature

Rayons de cire construits par les abeilles dans la nature

Ce cliché, pris en Mayenne en novembre 2011, illustre bien la prouesse technique réalisée par nos avettes dans la nature.

Lire l’article sur le site du Monde Sciences.