Limiter la propagation du Frelon asiatique

Le piégeage du Frelon asiatique (Vespa velutina) reste un sujet controversé. Le principal argument contre cette pratique est la non-sélectivité des pièges existants. Cela est vrai… Un piège laissé en place toute une saison  se remplira – peut-être – de frelons asiatiques, mais aussi et surtout de mouches et papillons divers.

Alors, que faire ? Vespa velutina est maintenant bien installé dans notre région et son cycle de développement est connu. Lorsque l’hiver arrive et que les colonies disparaissent, seules les futures reines fondatrices subsistent. Elles passent l’hiver à l’abri dans une cavité puis ressortent aux premiers beaux jours. Que font-elles alors ? Elles cherchent à se nourrir puis elles fondent leur colonie qui se développera jusqu’à l’automne. Le choix du piégeage en sortie d’hiver peut donc s’avérer judicieux pour deux raisons : d’une part, de nombreuses espèces d’insectes n’ont pas encore commencé à occuper l’espace, ce qui limite les “dommages collatéraux“ ; d’autre part, les reines fondatrices piégées à ce moment crucial ne développeront pas de colonie. Ce sera autant de bouches en moins à nourrir en été et quelques dizaines de futures reines qui ne verront jamais le jour.

Un piège à Frelon asiatique accroché à proximité des ruches

Un piège à Frelon asiatique accroché à proximité des ruches

Que mettre dans le piège ? Un mélange de liquide sucré et alcoolisé reste la solution la plus efficace. Sucré, car les reines fondatrices de Vespa velutina sont à la recherche de sucre à cette période. Alcoolisé, car les abeilles, animaux sages, fuient l’alcool. Différents dosages ont été expérimentés et chacun est persuadé d’avoir concocté la recette la plus efficace. Ici, la cuvée 2016 sera composée de trois ingrédients à parts égales : sirop de cassis, vin blanc, bière. Les frelons de notre secteur n’étant pas de fins gourmets, nous nous contentons d’ingrédients “premier prix“…

Dès lors, il ne reste plus qu’à surveiller régulièrement les différents pièges. Cela donne une idée assez précise de la date de sortie des premières reines de Vespa velutina et permet d’évaluer le niveau de prolifération dans le secteur.

Deux derniers conseils personnels : ne pas oublier que l’alcool s’évapore et qu’il convient donc de “faire les niveaux“ des pièges de temps en temps. Enfin, lorsque l’on ajoute du liquide, il est utile de laisser dans le récipient les frelons morts car les phéromones jouent probablement un rôle non négligeable dans l’efficacité du piège.

Avec le printemps, le frelon asiatique réapparaît

Le mois de mars pointe son nez et tout peut arriver pour nos colonies d’abeilles : un démarrage en fanfare dans une quinzaine de jours ou une interminable  période pluvieuse qui retardera le véritable début des activités printanières au rucher.

Cependant, à la faveur des premières remontées de température, les femelles fondatrices de Frelon asiatique (Vespa velutina) vont sortir de leur torpeur hivernale. Seules et vulnérables, elles sont à la recherche de liquide sucré avant de fonder une colonie qui comptera des dizaines de milliers d’individus par nid à la fin de l’été.

Si le frelon asiatique a déjà été signalé dans le secteur l’année passée, il est temps pour l’apiculteur de poser des pièges à proximité de ses ruches.

Préparation du piège à Frelon asiatique

Préparation du piège à Frelon asiatique

L’appât est constitué d’un mélange de sirop et d’un peu d’alcool. Le sucre attire les frelons et les abeilles, mais l’alcool repousse ces dernières : nos butineuses sont d’une sobriété exemplaire.

Inutile de se ruiner pour l’achat de ces ingrédients car les frelons ne sont pas exigeants sur la qualité et l’origine des produits.

De nombreux modèles de pièges existent. La bouteille d’eau coupée est souvent donnée en exemple sur de nombreux sites internet. Cependant, par expérience, il semble que le modèle que nous utilisons au rucher figure parmi les plus efficaces. De plus, il permet d’être ouvert facilement afin d’y remettre du liquide ou encore pour libérer des insectes innocents, tel qu’un papillon ou des mouches. Les dommages collatéraux sont ainsi réduits pourvu qu’on se donne la peine de visiter régulièrement ses pièges. Sur ce point, notons que des chercheurs étudient sérieusement la création d’un piège sélectif qui ne capturera que Vespa velutina. Sa mise sur le marché est prévue pour 2016 après l’amélioration de plusieurs prototypes.

Un piège à Frelon asiatique accroché à proximité des ruches

Un piège à Frelon asiatique accroché à proximité des ruches

Dans l’immédiat, le prix de ce modèle simple n’est pas prohibitif puisqu’on le trouve facilement dans le commerce pour moins de cinq euros. Les achats groupés effectués par les associations d’apiculteurs ou les GDSA permettent d’obtenir des tarifs plus avantageux.Les pièges étant posés à proximité des ruches, il faudra dès lors les visiter régulièrement afin de détecter les premières prises, sans oublier de “refaire les niveaux“ : le liquide s’évapore lentement mais sûrement et l’alcool perd peu à peu son efficacité. Il ne faudra pas non plus supprimer les premiers frelons piégés. En effet, leurs phéromones se font sentir à proximité du piège et attirent d’autres congénères. Ainsi, l’efficacité du piégeage s’accroit avec le temps.

Il s’avère utile d’informer la population de sa commune de la présence de cet insecte prédateur des abeilles. Là où l’information passe bien, les habitants sont attentifs et détectent plus rapidement les premiers nids en construction qui peuvent alors être détruits.

Pour en savoir plus, cliquez ici pour consulter notre dossier de documents sur le Frelon asiatique.

Le Frelon asiatique est bien installé…

L’installation du Frelon asiatique (Vespa velutina) s’est poursuivie en Mayenne en 2014. Après quelques signalements clairsemés les années passées, il est maintenant présent sur l’ensemble du département. En témoigne la carte de suivi publiée par les Abeilles mayennaises, association regroupant plus de 200 apiculteurs amateurs et professionnels.

Frelon asiatique : le SO2 autorisé pour 120 jours

Le ministère de l’écologie et celui de l’agriculture viennent de donner leur autorisation pour l’utilisation du dioxyde de soufre (SO2) dans le cadre de la lutte contre Vespa velutina.

Seuls les opérateurs titulaires d’une attestation de formation pourront utiliser ce produit. L’autorisation est limitée à une période de 120 jours.

Voir le texte de l’arrêté sur le site Legifrance

ainsi que l’article et les commentaires sur Actu-environnement.