Le bonheur est dans le pot

Pose des hausses, cueillette des essaims, extraction du miel, maturation, mise en pots, étiquetage : le mois de mai est toujours chargé pour l’apiculteur.

Mais nous voici au bout de nos peines et la récompense est à la hauteur des efforts fournis par les abeilles et ceux qui les choient.

Ce noble et précieux produit de la nature est maintenant à l’abri dans l’attente de la visite des gourmets.

Miel Printemps 2016

Miel Printemps 2016

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Limiter la propagation du Frelon asiatique

Le piégeage du Frelon asiatique (Vespa velutina) reste un sujet controversé. Le principal argument contre cette pratique est la non-sélectivité des pièges existants. Cela est vrai… Un piège laissé en place toute une saison  se remplira – peut-être – de frelons asiatiques, mais aussi et surtout de mouches et papillons divers.

Alors, que faire ? Vespa velutina est maintenant bien installé dans notre région et son cycle de développement est connu. Lorsque l’hiver arrive et que les colonies disparaissent, seules les futures reines fondatrices subsistent. Elles passent l’hiver à l’abri dans une cavité puis ressortent aux premiers beaux jours. Que font-elles alors ? Elles cherchent à se nourrir puis elles fondent leur colonie qui se développera jusqu’à l’automne. Le choix du piégeage en sortie d’hiver peut donc s’avérer judicieux pour deux raisons : d’une part, de nombreuses espèces d’insectes n’ont pas encore commencé à occuper l’espace, ce qui limite les “dommages collatéraux“ ; d’autre part, les reines fondatrices piégées à ce moment crucial ne développeront pas de colonie. Ce sera autant de bouches en moins à nourrir en été et quelques dizaines de futures reines qui ne verront jamais le jour.

Un piège à Frelon asiatique accroché à proximité des ruches

Un piège à Frelon asiatique accroché à proximité des ruches

Que mettre dans le piège ? Un mélange de liquide sucré et alcoolisé reste la solution la plus efficace. Sucré, car les reines fondatrices de Vespa velutina sont à la recherche de sucre à cette période. Alcoolisé, car les abeilles, animaux sages, fuient l’alcool. Différents dosages ont été expérimentés et chacun est persuadé d’avoir concocté la recette la plus efficace. Ici, la cuvée 2016 sera composée de trois ingrédients à parts égales : sirop de cassis, vin blanc, bière. Les frelons de notre secteur n’étant pas de fins gourmets, nous nous contentons d’ingrédients “premier prix“…

Dès lors, il ne reste plus qu’à surveiller régulièrement les différents pièges. Cela donne une idée assez précise de la date de sortie des premières reines de Vespa velutina et permet d’évaluer le niveau de prolifération dans le secteur.

Deux derniers conseils personnels : ne pas oublier que l’alcool s’évapore et qu’il convient donc de “faire les niveaux“ des pièges de temps en temps. Enfin, lorsque l’on ajoute du liquide, il est utile de laisser dans le récipient les frelons morts car les phéromones jouent probablement un rôle non négligeable dans l’efficacité du piège.

Anticipation sanitaire

Le froid et les rafales de cette mi-février nous incitent à rester cloîtrés. Nous en profitons pour terminer les derniers préparatifs de la saison 2016.

Même si on ne prévoit pas de développer son rucher, il faut cependant prévoir un stock de nouveaux cadres avec des cires neuves. En effet, pour des raisons sanitaires, il est conseillé de changer chaque année quelques cadres dans chaque ruche. En éliminant les cires les plus anciennes, on se sépare ainsi des résidus accumulés au fil des ans. De plus, cela procure un travail utile aux cirières, toujours nombreuses et actives au printemps.

Une astuce permet de gérer correctement le remplacement des cadres : marquer le dessus de chaque cadre neuf avec les deux derniers chiffres de l’année (16) ou encore y déposer une pastille de couleur correspondant à celle utilisé pour le marquage des reines. Pour 2016, c’est blanc… Ainsi, lors de l’ouverture d’une ruche, on repère tout de suite les cadres les plus anciens.

Cadre neuf

Un cadre neuf avec sa feuille de cire gaufrée

Deux miels bien différents pour passer l’hiver

La saison apicole 2015 se termine avec la mise en pots du miel d’été. Si le printemps fut l’un des plus mauvais de ces dernières années pour nos abeilles, l’été a redonné le sourire aux apiculteurs. Jusqu’au début du mois de juillet, les belles floraisons associées à de bonnes conditions météorologiques ont permis aux fleurs de libérer beaucoup de nectar que nos abeilles se sont empressées de transformer en miel. La sécheresse qui a sévi par la suite a stoppé net ce bel élan, mais les ruches étaient déjà bien pleines.

Alors que le mois d’août se termine sous des trombes d’eau, les étagères se chargent de deux catégories de miel bien différentes…

Les deux miels de la saison 2015 aux ruchers du Plessis

Les deux miels de la saison 2015 aux ruchers du Plessis

Le miel de printemps, presque blanc et assez ferme, est souvent apprécié par les enfants pour sa douceur et son goût sucré. Il peut facilement être utilisé en cuisine ou pour sucrer tisanes, cafés ou thés. Il provient du nectar des arbres fruitiers du printemps et du colza qui colore en jaune nos campagnes en avril et mai chaque année.

Le miel d’été, quant à lui, présente cette année une belle couleur brune et un goût plus marqué. A ce stade, il est encore très liquide. Mais comme tous les miels, il cristallisera peu à peu au fil des semaines. Le nectar des fleurs de l’été permet aux abeilles de produire ce miel : tilleul, châtaignier, ronce, trèfle et des dizaines d’autres fleurs estivales sont butinées dans des proportions variables selon les conditions météo et la force de chaque colonie. En plus de ce nectar, les abeilles collectent aussi parfois un peu de miellat.

Petite astuce : il est facile de liquéfier un miel qui a cristallisé. Placez le pot au bain-marie à une température de 35° maximum, et remuez-le constamment avec une fourchette pendant quelques minutes. Il retrouvera sa forme liquide. D’autres techniques de chauffe peuvent être plus rapides mais font perdre au miel ses qualités gustatives et ses propriétés. Il convient donc de les bannir…

 

 

 

Maintenant le tilleul, bientôt le châtaignier…

Malgré une météo assez mitigée avec beaucoup de vent du nord ou d’est, les fleurs de tilleul s’ouvrent petit à petit. Nos abeilles devraient retrouver des conditions plus favorables au butinage après la mi-juin, si les prévisions sont confirmées.

Tilleul en fleurs

Tilleul en fleurs

Les châtaigniers se préparent eux aussi… Encore un peu de patience et ils seront à leur tour une bonne source de nectar.

Châtaignier

Châtaignier

Des fleurs, du couvain et bientôt les premiers essaims…

Mi-avril 2015 : on sent que tout va aller vite maintenant. Le colza commence à jaunir le paysage, les fleurs des cerisiers pointent le bout de leurs pétales et, à la faveur des belles journées assez chaudes, les abeilles sont en pleine activité. Une visite récente de toutes les colonies a permis de constater que certaines d’entre elles avaient déjà beaucoup de couvain.

Ruchette de piégeage dans un cerisier

Ruchette de piégeage dans un cerisier

En agrandissant le nid à couvain par l’ajout de cadres neufs, chaque apiculteur tente de limiter les essaimages qui devraient débuter sous peu. La pose des hausses ne devrait d’ailleurs pas tarder.

En complément des ces mesures préventives, la mise en place de ruchettes de piégeage permet, chaque année, de capter des essaims volages à la recherche d’u nouvel habitat. Une ruchette usagée est préférable pour augmenter ses chances. On y place un ou deux vieux cadres sains et on complète avec des cadres neufs. Pour se donner de l’espoir, on étale sur les jambages ou à l’entrée de la boîte un peu d’attire-abeilles, pâte colorée à forte odeur de mélisse. Si son efficacité fait débat, au moins permet-elle de se donner bonne conscience en se disant qu’on a mis toutes les chances de son côté…

Puis, si tout se passe comme d’habitude, on verra un matin quelques dizaines d’éclaireuses tourner autour de la ruchette et la visiter. Plus tard dans la journée, l’essaim entier arrivera dans un bruit un peu effrayant pour les néophytes. La petite troupe entrera en quelques dizaines de minutes. Enfin, après un nettoyage minutieux du nouveau local, chacune des abeilles vaquera à ses occupations : la vieille reine pondra, les nourrices nourriront, les cirières bâtiront les alvéoles sur les cadres neufs et les vieilles butineuses partiront récolter nectar et pollen…